En juin 1939,
les autorités italiennes demandèrent à l'Allemagne
la fourniture de 50 batteries anti-aériennes de 88/55. Le général
Milch accepta cette idée dans les grandes lignes, mais proposa
de substituer aux canons de 88/55, qui ne pouvaient être
cédés en si grand nombre, ceux de 75mm PL vz37
(baptisés 75/50 par les Italiens) produits par la firme
tchécoslovaque Skoda. Les premières batteries
arrivèrent en Italie en 1940, et à la fin de
l'année, 28 pièces avaient été
livrées.
A l'origine, ces batteries étaient toutes
destinées à la protection du territoire, et notamment
d'objectifs vers Rome, Bari et Durazzo. En juillet 1940 furent créés les 41°, 42°, 43° et 44° gruppi de 75/50 de position. Quelques
batteries furent cédées à la MACA et d'autres
furent transformées en batteries de campagne. Fin 1940, le
43° gruppo, sur deux batteries, fut transformé en gruppo autocampale et envoyé en Afrique du Nord, où il fut rattaché à la division motorisée Trieste jusqu'à la bataille d'El Alamein. Ce groupe était équipé de vieux tracteurs Pavesi mod.26, de camions lourd Lancia 3Ro pour le transport des munitions, de camions légers SPA38
et de motos Bianchi. Les canons de 75/50 furent particulièrement
appréciés en ASI pour leur silhouette plus basse que celle du 88/55 (1,82 m seulement en ordre de marche),
leurs capacités anti-chars, leur légèreté et
leur maniabilité. Ils pouvaient être tractés sur
route à une vitesse maximale de 60 Km/h. Par contre, le
temps de mise en batterie fut jugé trop long pour un emploi
adéquat en pièce de campagne. Le 42° gruppo de
position fut lui aussi envoyé en Libye, et affecté
à la défense de la Tripolitaine et de Benghazi. Quant au
41° gruppo, il rejoignit Corinthe, en Grèce.
En 1943, 24 pièces de 75/50 étaient
encore disponibles en Tunisie. En juin de la même année, 64 pièces de 75/50 Skoda et
75/51 mod.32 françaises étaient encore en ligne. La fourniture des canons Skoda se poursuivit tout au long de la
guerre : en mars 1943 par exemple, deux nouvelles batteries furent
livrées et affectées à la 1° légion de la MACA
pour renforcé la protection anti-aérienne de l'usine
Cogne dans le Val d'Aoste.
Les batteries de 75/50 étaient
équipées de centrales de tir Skoda T7N, qui permettait de
connaître en continu les paramètres de tir et de les
envoyer aux pièces adjacentes. Cette centrale pouvait suivre des
avions en vol à une vitesse maximale de 500 km/h et à une
altitude comprise entre 300 et 9600 mètres. Deux types de
munitions étaient utilisées : un obus anti-aérien
à retard mod.37 et un obus perforant de conception italienne,
introduit en 1942. L'obus anti-aérien pouvait également
être utilisé contre des objectifs terrestres en montant
une fusée à double effet.
Pour conclure, le canon Skoda de 75/50 était
une très bonne arme anti-aérienne, supérieure au 75/46
italien, de conception moderne et dotée d'un système de
direction de tir avancé pour l'époque. Il était
également simple d'utilisation et très résistant.
Ses principaux défauts étaient un temps de mise en
batterie supérieur aux autres pièces de campagne et l'absence de bouclier pour protéger les servants.
Deux vues du canon de 75/50 Skoda en batterie.
Canon de 75/50 en ordre de marche.
Vue de la culasse du 75/50.
Canon de 75/50 conservé au musée de l'artillerie à Turin.
Obus antiaérien Skoda mod.37.
Caractéristiques techniques :
Longueur de l'affût : 3,961
m
Poids
total en batterie : 2800 Kg
Secteur de tir vertical : de 0° à +85°
Secteur de tir horizontal : 360°
Cadence de tir : 20 coups/minute
Vitesse initiale du projectile : 775 m/s
Portée : 14,6 Km
Plafond en tir sol/air : 9,1 Km
Bibliographie
:
-
Le artiglierie del Regio Esercito nella Seconda Guerra Mondiale,
Filippo Cappellano, Storia Militare, 1998