photoscope Cannone da 75/27 CK

Canon de 75 CK conservé au musée de la guerre de Rovereto (Trentin)
(crédits photo : Giuseppe Cal
ò)
Le canon de 75 CK
(Commission Krupp) fut développé par l'AREN suite
à une demande de la commission mixte pour l'étude des
armes anti-aériennes de 1914-15. Le résultat de ces
travaux abouti à une pièce d'artillerie sur
piédestal, semblable au canon allemand Ehrhardt de 75, dont
l'âme du tube conservait le profil de celle du canon de 75/27
mod.06 pour permettre aux deux armes d'utiliser les mêmes
projectiles. La production du 75 CK fut rapide, puisque dès la
fin de 1915, 3 batteries anti-aériennes avaient
déjà reçu les premiers autocannoni de
série. Mais le prix de l'autocannone et la guerre de position
(qui fait de la mobilité de l'arme un aspect secondaire) vont
ralentir la production, si bien qu'à la fin de la guerre,
l'Esercito disposait de 72 autocannoni, conçus sur le camion
Itala 10 de 5 tonnes. D'autres armes sont montées sur des
remorques en bois ou encore sur des plates-formes métallique,
comme installation fixe. Durant la Grande Guerre, le 75 CK donna de
bons résultats, mais l'emploi systématique de la charge
maximale pour le tir anti-aérien réduisait la
durée de vie de l'âme du tube à 1000 coups
seulement.
En 1919, les groupes d'autocannoni da 75 CK furent
les seuls groupes d'artillerie anti-aérienne à ne pas
être démobilisés. Malgré la
vétusté de la bouche de feu, due aux progrès
fulgurant de l'aviation, l'AREN reçut une nouvelle commande en
1926 pour 14 nouvelles batteries (soit 57 autocannoni) de 75 CK
montés sur le châssis du Ceirano 50 CMA, qui va d'ailleurs
progressivement remplacé toutes les batteries
équipées de l'antique Itala 10. Le transport des
munitions reste cependant l'affaire de Fiat 18BL modifiés, de la
Grande Guerre, capables d'emporter 216 obus.
Pour le calcul de la trajectoire, des centrales de
tir Gala furent distribuées aux groupes de 75 CK. Bien que cet
appareillage représentait un gros progrès sur les tables
de tir Buffi, qui ne donnaient les cordonnées de l'avion que
toutes les 10 secondes, alors que cette nouvelle centrale permet
d'obtenir une trajectoire continue, sa précision restait assez
limitée à partir d'une certaine vitesse de l'appareil
visé. Pour ne rien arranger, les seules munitions disponibles
durant la seconde guerre mondiale pour le tir anti-aérien
étaient toujours les mêmes obus de 75/27 utilisés
durant la Grande Guerre.
Durant la conquête de l'Ethiopie, en 1935-36,
2 gruppi d'autocannoni da 75/27 CK furent utilisés, pour un
total de 16 pièces (Un gruppo autocannone da 75/27 CK comportait
en général deux batteries de 4 autocannoni chacune). Cinq batteries
participèrent à la guerre d'Espagne au sein du CTV.
Certaines pièces furent d'ailleurs montées sur des
plates-formes ferroviaires.
Dans le compte-rendu qui fit suite aux grandes manoeuvres de 1938 en
Libye, la critique est assez vive en ce qui concerne les autocannoni da
75 CK : la faible vitesse des Ceirano (20-25 Km/h) les rend
inadaptés à la protection des colonnes motorisées,
et le poids du canon empêche leur marche en dehors des pistes. Il
faut encore rajouter une hausse trop faible du canon, son encombrement
important et, comme rapporté plus haut, l'obsolescence des
munitions et la faible précision des appareils de calcul de
trajectoire. Cependant, à la veille de la seconde guerre
mondiale, cet autocannone est le plus répandu dans les rangs de
l'Esercito : 166 exemplaires sont répertoriés en octobre
1939.
Les autocannoni da 75/27 CK seront employés sur tous les fronts, sauf en Russie.
Le 25 juillet 1940, une batterie du XX° Gruppo da 75/27 CK fut attachée à la 1a
Divisione di fanteria Libica. Les deux autres batteries du groupe, qui
ne comptaient plus que deux autocannoni chacune, furent
assignées respectivement au XXI° CdA et à la 10a
Armata. Le VI° Gruppo da 75/27 CK vint également
renforcé cette armée, à Bardia. Le XIV° Gruppo
contraerei da 75/27 CK, sur 2 batteries, débarqua à
Benghazi en janvier 1941. Il fut affecté à la
défense de la ville jusqu'en novembre de la même
année, lorsqu'il parti pour Tripoli. Le 13 mars 1943, seuls 3
autocannoni de ce gruppo étaient encore en état de
combattre. Sur le front nord-africain, les Allemands utilisèrent
aussi ce véhicule.
En 1941, quelques gruppi furent réaffectés dans des
divisions d'infanterie. En août de cette même année,
11 gruppi étaient encore en service, dont deux
déployés en Albanie et en Grèce. Finalement, en
1942, plusieurs gruppi furent transformés en unité
anti-aérienne de position pour la défense du territoire.
Caractéristiques techniques :
Longueur de
l'affût : 2,25 m
Poids total : 1030 Kg
Secteur de tir vertical : de
0° à +70°
Secteur de tir horizontal :
360°
Cadence de tir : 15 coups/minute
Vitesse initiale du projectile :
510 m/s
Portée : 6,1 Km
Plafond en tir sol/air : 4,6 Km
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| Section d'autocannoni da 75 CK sur châssis Itala 10 durant la Grande Guerre. |
Des servants rechargent ce 75 CK Itala durant la Grande guerre. |
Cannone da 75/27 CK monté sur une plate-forme ferroviaire en Espagne, 1938. |
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Autocannone da 75/27 CK
monté sur châsis Ceirano lors d'une parade devant les
Forums Impériaux, à Rome.
(crédits photo : Archivio Ansaldo) |
Autre exemple de 75/27 CK installé sur la plate-forme d'un camion. |
Autre vue du cannone da 75/27 conservé à Rovereto.
(crédits photo : Giuseppe Calò) |
Bibliographie :
- Le artiglierie del Regio Esercito nella Seconda Guerra Mondiale, Filippo Cappellano, Storia Militare, 1998
-
Autocannoni e portees in Africa Settantrionale, Attilio del Rosso, magazine Storia Militare
-
L'Artiglieria Italiana nella Grandu Guerra, Andrea Curami & Alessandro Massignani, Gino Rossato Editore
Pour reproduire cette pièce d'artillerie :
| Echelle |
Fabricant |
Référence et désignation |
| CRI.EL. Model |
1/35 |
R072 Ceirano 50 CMA - 75 ck
contraereo
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