Photoscope Cannone da 88/55

Un canon de 88/55 italien en action dans le secteur d'El Mechili.
Le cannone da
88/55 est en réalité le nom attribué au
célèbre FlaK-18 de 8.8cm allemand, conçu en 1933
en Suisse par des ingénieurs allemands (pour se soustraire aux
closes du traité de Versailles) et produit par Krupp. A
l'époque, c'était une arme anti-aérienne à
la puissance de feu considérable, mais aussi une arme
très mobile. Ce canon connu son baptême du feu en Espagne,
où il se révéla comme excellente arme anti-char, capable
de détruire tous les tanks de l'époque à une
distance de 2000 à 3000 mètres. En revanche, ses
dimensions le rendaient particulièrement visible, surtout dans
le désert, ce qui obligeait les servants à compter avant
tout sur sa puissance de feu et sa portée. Deux autres versions
de cette arme virent le jour, les FlaK-36 et 37, qui apportaient des
améliorations notamment au niveau de la traction et de la
précision du pointage.
Le 88 resta en production pendant toute la
durée de la guerre, avec plus de 10000 pièces
construites. En échange des canons fournis à l'Italie,
l'Allemagne demanda à certaines firmes italiennes de produire
sous licence certaines bouches de feu. C'est ainsi qu'Ansaldo
commença en mai 1942 la construction de certaines parties des
canons de 88 et de 7.5cm PaK pour le compte des Allemands. A la fin de
l'année, 13 culasses, 57 gâchettes et 95 âmes de
tube de 88 avaient été fournies. Durant les 6 premiers
mois de 1943, Ansaldo fourni encore 264 gâchettes, 155 culasses
et 339 âmes de tube pour le 88/55. La société OTO
fut également impliquée dans la construction de tubes de
FlaK-18 et 36 en 1943, qui servirent à remplacer ceux des canons
en service dans l'Esercito et la MACA (Milizia Artiglieria Contraerei).
Après l'armistice, les usines d'Italie du Nord
continuèrent à fournir des éléments du
canon pour les Allemands et l'ANR.
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| Profil couleur du 88/55. |
Cannon Krupp de 88/55 photographié à Nettunia.
(crédits photo : AUSSME) |
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| Pièce de 88/55 de production allemande en batterie. |
Affût de 88/55 en position de marche. |
Les batteries
de 88/55 cédées à l'Italie étaient
accompagnées de centrale de tir Zeiss mod.36 et d'appareillages
auxiliaires Zeiss mod.35. Les munitions employées par le
Regio Esercito étaient de trois types : cartouche
anti-aérienne avec fusée à retardement
S/30, grenade perforante L/3.9 et grenade explosive L/4.5 pour le
tir contre les objectifs terrestres.
Les premières batteries de 88/55
gagnèrent l'Italie peu de temps après la
déclaration de guerre du 10 juin 1940. Elles furent pour
certaines affectées à la MACA et pour les autres
envoyées en Afrique du Nord, afin d'assurer la protection des
ports libyens. Le XVIII° Gruppo gagna la Libye en octobre 1940, et
le XXIX° en décembre. Par la suite, certaines batteries
rentrèrent dans les effectifs de divisions motorisées et
blindées, malgré le manque de tracteurs adaptés
à la marche en plein désert (des Lancia 3Ro
seront parfois employés pour tracter les 88/55). Le XVIII°
Gruppo devint le V° Gruppo CC/CA du 1° Reggimento Articelere en
janvier 1942, affecté à la division Brescia puis transféré à la division blindée Ariete.
La première action de ce groupe dans le rôle anti-char eut lieu
lors de la bataille d'Ain El Gazala, fin mai 1942, contre la XXII° Brigade blindée anglaise. Les pertes
infligées aux chars britanniques furent sévères,
mais 5 canons de 88/55 furent détruits dans la bataille le 30
mai. Le 10 juin, l'une des pièces de ce groupe aurait
touché 10 chars anglais à elle seule ! Le gruppo
participa ensuite à la prise de Tobrouk, fournissant un appui de
feu appréciable à la 15° Panzer Division.
Début juillet, lors de l'avance de l'Ariete sur El
Alamein, 6 canons de 88/55 et 90/53
furent capturés par des troupes de la 4° brigade
Néo-Zélandaise. Le XXIX° Gruppo fut quant à
lui chargé de la défense de Tripoli jusqu'à
l'été 1942, lorsqu'il fut probablement
intégré dans la division Littorio
et rebaptisé III° Gruppo. En octobre 1942, le XXXI°
Gruppo da 88/55 fut affecté au 132° Reggimento de l'Ariete. La dernière action des 88/55 italiens en Afrique eut lieue durant la bataille d'Enfidaville, en Tunisie.
En décembre 1940, 44 canons de 88/55
étaient disponibles au total, avec leurs centrales de tir. Fin
1941, l'armée italienne pouvait compter sur 21 batteries, pour
un total de 84 pièces. A partir de fin octobre 1942, avec
l'intensification des bombardements alliés sur l'Italie, des
dizaines de batteries anti-aériennes de 20mm, 37mm et 88/55
allemandes furent envoyées en Italie et, bien que restant
propriété des Allemands, servies par des artilleurs
italiens. D'autres batteries côtières et
anti-aériennes allemandes furent armées avec du personnel
italien en Afrique, en Grèce et en mer Egée. En 1943, ces
transferts devinrent massifs, avec 100 batteries de 88/55
envoyées en Italie. Pour résoudre le problème de
l'approvisionnement en munitions de 90mm, les états-majors
italiens et allemands se mirent d'accord pour uniformiser l'artillerie
lourde anti-aérienne. Le canon de 90/53
devait donc être recalibré en 88mm, mais l'armistice mis
un terme à ce projet.
Le 23 avril 1943, la division
blindée CC.NN. "M"
fut officiellement constituée, et dotée en mai de chars
et véhicules allemands, ainsi que de 24 canons FlaK-36/37 de
campagne et de semi-chenillés pour les tracter.
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| Le tracteur Pavesi, malgré son âge, fut utilisé pour tracter le 88/55. |
Gruppo de 88/55 en action.
(crédits photo : AUSSME) |
Ce 88/55, tracté par un Lancia 3Ro, a été capturé par les Anglais en Afrique du Nord.
(crédits photo : IWM) |
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| Canons de 88/55 en action en Afrique du Nord, protégés par des sacs de sable. |
Canons de 88/55 tractés par des Lancia Ro en ASI. |
Des servants rechargent ce 88/55 en action dans le désert nord-africain. |
Même si les Italiens utilisèrent
parfois le canon de 88/55 comme pièce anti-char en Afrique, son
rôle essentiel resta celui pour lequel il avait été
conçu, à savoir la défense anti-aérienne.
Il semblerait que l'AR.CO. de l'ANR n'ait pas été
dotée de cette arme, mais en revanche, nombre des servants
italiens enrôlés dans la FlaK eurent l'occasion de
l'utiliser après septembre 1943.
Caractéristiques techniques :
Longueur de l'affût : 4,93 m
Poids
total en batterie : 5500 Kg
Secteur de tir vertical : de -3° à
+85°
Secteur de tir horizontal : 360°
Cadence de tir : 20 coups/minute
Vitesse initiale du projectile : 820 m/s
Portée : 14,8 Km
Plafond en tir sol/air : 10,6 Km
Pénétration : 105 mm à 1000 m
avec un angle d'impact de 30°
Bibliographie
:
-
Le artiglierie del Regio Esercito nella Seconda Guerra Mondiale,
Filippo Cappellano, Storia Militare, 1998
-
Motoriii !!! Le truppe corazzate italiane 1919/1994, Nicola Pignato, GMT, 1995
J'ai égalment utilisé
un article d'Alessandro Massignani et Jack Greene sur l'utilisation des
canons de 88 et 90mm italiens en Afrique du Nord dans le rôle
anti-char, publié sur le
forum de Comando Supremo.
Pour reproduire cette pièce d'artillerie :
| Echelle |
Fabricant |
Référence et désignation |
| 1/72 |
Hasegawa |
31110 88mm FlaK 18 Gun |
| 1/72 |
Hasegawa |
31138 88mm FlaK 36 Gun |
| 1/72 |
Airfix |
02303 88mm Gun and Tractor |
| 1/35 |
Tamiya |
35017 88mm Gun FlaK 36/37 |
| 1/35 |
Dragon |
06260 88mm FlaK 36 with artillery crew |
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